« Que faut-il faire? dit le Petit Prince. 

– Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près…

Le lendemain revint le Petit Prince.

– Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l’après-midi, dès trois heures je commencerai d’être heureux. Plus l’heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m’agiterai et m’inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur ! Mais si tu viens n’importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m’habiller le cœur… Il faut des rites. » [1]

Qui n’a jamais rêvé de partir au grand galop, à cru sur son cheval, entouré d’un paysage somptueux … Jusqu’à aujourd’hui, je pensais que ce n’était réservé qu’à une élite, à ceux qui  avait un don avec les chevaux. Évidemment, il ne s’agit pas d’aller demain chercher son cheval, de monter à cru, sans moyens de coercition et de partir en balade. C’est un travail qui demande beaucoup de rigueur, d’écoute, de disponibilité, de patience et d’amour. 

Lorsque je regarde le film « Gazelle » de Jean François Pignon qui galope sur la plage tel un centaure ou lorsque je voyais Samuel Hafrad s’entraîner pour ses spectacles avec une facilité déconcertante, j’ai des étoiles dans les yeux. Mais derrière tout ça il y a des heures et des heures de travail, de remise en question et de répétitions. Les chevaux, comme nous, apprennent avec la répétition. Cela ne veut pas dire les saouler d’informations, bien au contraire ! Etre précis, clair mais répéter souvent. 

Grâce à ma formation Cheval en Lien, proposé par Florentine Van Thiel, j’ai ouvert les yeux sur la possibilité de ne pas utiliser de moyens de coercition et d’arriver à créer un connexion avec ma jument, un lien de confiance.

Cela me fait penser au film Avatar, de James Cameron. Je trouve ce film extraordinaire, car il montre toute l’harmonie qu’il peut exister entre l’espèce humaine, les animaux et la nature. Les avatars peuvent relier leur queue de cheval à la crinière de leur monture puis doivent penser afin de guider l’animal. Dans son livre, Images et Dressage, Pierre Beaupère illustre très bien cette notion d’imagerie mentale :« Et pour cela il me suffit de traduire en images ce que je savais en mots ». Il n’arrivait pas à effectuer une épaule en dedans avec un cheval et cet échec le hantait tellement qu’il ne réussissait plus à  imaginer cette figure faite convenablement. C’est après beaucoup d’entrainement à imaginer positivement cette situation qu’il est arrivé à régler son problème : « Après quelques jours, j’avais une image tellement précise de l’exercice, de la sensation qu’il allait me donner, que lorsque je l’ai demandé aux chevaux, c’était comme si je m’étais entrainé des heures avec eux ! »

Florentine nous a fait connaître Elsa Sinclair qui a tourné le film Timing Wild dans lequel elle adopte une jument mustang (sauvage). Elle passe trois mois avant de pouvoir l’approcher vraiment, elle passe tous les jours du temps avec elle sans rien n’attendre en retour. Puis elle arrive à créer petit à petit un lien. A quoi cela vous fait penser ? Comment fait-on pour créer une amitié ? Elsa va ensuite essayer de la monter, après quelques échecs et beaucoup d’écoute, elle arrive à monter sur sa jument. Elle part en balade proche de chez elle puis s’éloigne de jour en jour et tout ceci évidemment sans moyen de coercitions (licol, cravache,…). Lors du tournage, nous la voyons galoper dans de grand champs et à la plage. De magnifiques images qui font rêver.

Et si tout cela pouvait devenir aussi notre réalité ? 

Source :

  1. Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry.